Puisqu’on parle dans cette édition de télémedecine, e-médecine, téléexpertise, nous vous partageons, avec son accord, la thèse de médecine générale d’Adrien GUYOT, sur le sujet de la téléexpertise en dermatologie

Résumé : La télédermatologie est en plein essor pour pallier la décroissance progressive du nombre de dermatologues. L’objectif de l’étude était d’évaluer la mise en place de l’application de télédermatologie Therap-e en Haute-Normandie, région particulièrement déficitaire. Méthode : Il s’agit d’une étude épidémiologique descriptive rétrospective quantitative multicentrique réalisée entre mars 2019 et mai 2020 dans deux MSP de Seine- Maritime. Le critère de jugement principal était le type de pathologies dermatologiques concernées par la téléexpertise. Les critères de jugement secondaires évaluaient les durées d’utilisation de l’application, la proportion de dossiers ne nécessitant pas une consultation présentielle, le nombre d’avis ininterprétables et la satisfaction des médecins utilisateurs. Résultats : 44 dossiers de téléexpertise ont été interprétés dont 36 dossiers clôturés. Parmi eux, la moitié des cas représentait une pathologie tumorale (28%) et une pathologie allergique (25%). Le nombre de dossiers sans nécessité de consultation présentielle était de 18 (50%, n = 36). On estime la création d’un dossier par le médecin généraliste à 3,3 minutes, le délai de réponse du dermatologue à 5,8 jours et le temps pour le dermatologue de rédiger une réponse à 5,9 minutes. Le nombre d’avis ininterprétables a été estimé à 4 (10%, n = 39). Les médecins généralistes et les dermatologues semblaient satisfaits de l’application avec des scores SUS médian respectifs de 75 et 80. Conclusion : La télédermatologie est un outil prometteur en pleine expansion pour laquelle il faut trouver des outils fiables et sécurisés. Des études pour évaluer la généralisation de la téléexpertise dermatologique semblent pertinentes pour l’avenir.

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