Les demandes de vasectomie ont explosé en France avec + 50% depuis  2019. Cette intervention simple ne peut être qu’encouragée !

Les motifs de demande

La plupart des hommes consultant pour désir de vasectomie viennent dans un réel souci d’altruisme envers leur compagne.  En effet les contraceptions féminines présentent de nombreux effets secondaires : prise de poids, risque de phlébite ou d’embolie pulmonaire, migraines, troubles de libido et désordres hormonaux diverses, douleurs au stérilet etc… un certain nombre de femmes ont même une contre-indication aux contraceptions classiques.

D’autres patients ont vécu une expérience traumatisante comme une IVG. Les couples ayant déjà des enfants grands, n’en souhaitant pas d’autre et se retrouvant avec le choix terrible d’une interruption de grossesse réalisent l’importance d’une contraception définitive.

L’interdiction des ligatures de trompes par le dispositif  voie naturelle ESSURE limite le choix, en effet la voie coelioscopique n’est pas dénuée de risques (plaie digestive, brides, grossesses extra-utérines…). La vasectomie, sous-cutanée, apparaît alors comme la solution la plus simple.

Déroulement de l’intervention

Le chirurgien vérifie bien sûr la motivation du patient, le nombre d’enfant(s) et la bonne compréhension du caractère irréversible (les tentatives de vaso-vasostomies sont techniquement illusoires).

Un premier consentement est signé, le 2e sera signé lors d’une consultation de validation à 4 mois de réflexion minimum.

On propose systématiquement au patient une autoconservation de spermatozoïdes au CECOS, nettement plus facile à réaliser qu’une préservation d’ovocytes chez la partenaire avant ligature de trompe !

Le geste est programmé sur une demi journée en ambulatoire, il peut être fait sous anesthésie locale mais avec un stress et un risque de douleurs dans cette zone sensible faisant préférer une courte anesthésie générale au masque laryngé.

L’incision est de 1 cm de chaque côté, avec double ligature et résection de 1cm de canal déférent entre.  Les fils sont résorbables, aucun soin n’est donc nécessaire.

L’efficacité nécessite par contre 3 mois d’attente, car c’est la durée de survie des derniers spermatozoïdes présents dans le canal en aval de la suture.

Risques postopératoires

A vrai dire presqu’aucun par rapport à la ligature de trompes…

Il existe un faible risque d’hématome (la veine passant juste à côté du déférent) souvent évité par un pansement compressif la 1ère nuit et une absence de sport la première semaine.

Le risque d’infection de cicatrice est lui aussi minime vu la petite incision.

Dans de rares cas, on rapporte des douleurs aux éjaculations, mais ce phénomène semble accentué chez les patients anxieux. Aucune diminution du volume éjaculé n’est à prévoir en tout cas, puisque la majorité du sperme est sécrété par la prostate et non les testicules.

Le risque théorique d’échec est lui prévenu par une analyse anapath des 2 segments de déférents et un spermogramme de contrôle à 3 mois confirmant l’azoospermie.

En conclusion, nous ne pouvons que féliciter cette nouvelle génération d’hommes prenant leur responsabilité dans la contraception à long terme !

Dr Laure LE PAPE, Chirurgien Urologue, GHH J.Monod, Hôpital Privé de l’Estuaire.

 

 

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