L’endométriose est une maladie gynécologique chronique qui touche 5 à 20 % des femmes en âge de procréer. Pouvant être très douloureuse, cette pathologie est causée par la présence de cellules de l’endomètre en dehors de l’utérus. Ces dernières ne pouvant être évacuées, elles risquent de provoquer des lésions à l’origine de douleurs.

 L’endométriose est une pathologie inflammatoire oestrogénodépendante gynécologique chronique et fréquente de la femme jeune en âge de procréer (entre 5 et 10 % selon les études), affectant directement leur féminité au quotidien. Elle se manifeste par des symptômes aspécifiques tels que les douleurs pelviennes, les ménorragies, parfois des signes digestifs et ou urinaires, exacerbées pendant les périodes de règles. Considérée par certains comme étant une pathologie bénigne; mais qui reste néanmoins très énigmatique. La pose du diagnostic est encore beaucoup trop tardive. Il est noté un délai moyen de sept ans (entre 4 et 11 ans) avant de mettre un nom sur les algies de ces femmes. Malgré des douleurs pelviennes parfois sévères, celles-ci parlent difficilement de leurs souffrances physiques et psychologiques, ou leurs plaintes sont banalisées. Il en résulte un important retard diagnostique au terme d’une longue errance thérapeutique, avec aggravation de la maladie.

 Le Dr Mahamadou Fofana est un chirurgien gynécologue à l’Hôpital privé de l’Estuaire (Le Havre, Normandie). Il a fait de la prise en charge de l’endométriose l’une de ses spécialités et souhaite désormais faire connaître les particularités de cette pathologie pour une meilleure prise en charge des patientes.

Lever le voile sur l’endométriose

L’endométriose est une pathologie qui est de plus en plus étudiée. « Il n’y a pas encore de filière dédiée dans l’établissement mais cela fait partie des projets en cours d’élaboration. L’objectif est de permettre aux patientes et aux spécialistes de mieux appréhender le cas de chaque patiente pour une meilleure prise en charge », introduit le médecin. Arrivé au Havre en novembre dernier, le Dr Fofana est  spécialisé dans la prise en charge chirurgicale des formes sévères d’endométriose.

Le chirurgien a donc imaginé un parcours permettant de limiter au maximum le mauvais diagnostic autour de l’endométriose. « Cette maladie chronique est souvent sous-estimée voire méconnue de certains professionnels car non enseignée à la faculté de médecine jusque récemment. Certaines femmes traversent une véritable période d’errance médicale, cherchant à définir les maux dont elles souffrent. Il est important de rappeler qu’avoir mal pendant les règles, ce n’est pas normal et, il faut apprendre à bien cerner et traiter la maladie avant qu’elle ne cause des lésions irréversibles » L’élaboration d’un questionnaire et des bilans spécifiques permettent de confirmer le diagnostic.

Adapter la prise en charge

Les patientes qui se présentent au Dr Fofana ont généralement déjà réalisé une IRM ou une échographie pelvienne. « Parfois, il n’y a aucune lésion apparente. La patiente se plaint de douleurs importantes. C’est là que notre rôle devient essentiel. L’imagerie peut parfois tout fait être normale sans pour autant éliminer le diagnostic ». En effet, l’une des particularités de cette pathologie est de ne pas toujours présenter de signes physiques apparents. « Ce manque de corrélation nette entre l’imagerie et le ressenti de la patiente conduit souvent à des erreurs de diagnostic. Paradoxalement, certaines patientes présentent des atteintes digestives ou urologiques sévères découvertes lors d’un bilan d’imagerie ou d’une intervention chirurgicale autre que pour l’endométriose, sans pour autant ressentir de douleurs. »

À terme, le Dr Fofana espère pouvoir proposer un parcours de soins complet au sein de l’établissement. « La chirurgie de l’endométriose est une spécialité très complexe. En raison des impacts possibles de la maladie sur d’autres organes, une collaboration avec des confères chirurgiens digestifs ou urologiques est parfois nécessaire lors de certaines interventions. » Il en va de même pour la prise en charge de l’adénomyose, une sorte d’endométriose interne à l’utérus, également difficile à diagnostiquée.

Dr Mahamadou FOFANA, Gynécologue obstétricien, Prise en charge de l’endométriose à l’Hôpital Privé de l’Estuaire

 

 

 

 

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