L’essor technologique gagne fortement la pratique actuelle de la Diabétologie avec des moyens d’autosurveillance, des traitements et également des équipes médicales « connectés » autour du patient diabétique.

Concernant la surveillance des glycémies de nos patients, celle ci a été littéralement révolutionnée par le remboursement l’an dernier du lecteur de glycémie interstitielle Free Style libre.

Ce dispositif se compose d’un lecteur et de capteurs adhésifs munis d’une électrode se positionnant dans le tissu sous cutané du bras pour une durée de 15 jours. Les patients  l’insèrent eux même de façon très simple et quasiment indolore. Ils peuvent par la suite « scanner » leurs glycémies tout au long de la journée et autant de fois qu’ils le souhaitent.

Le Free Style Libre est désormais plébiscité par les patients mais également par les soignants qui y trouvent de multiples avantages en comparaison avec les glycémies capillaires.

Tout d’abord son caractère indolore et discret car les scans peuvent s’effectuer même à travers les vêtements.

Également son caractère dynamique est très apprécié avec l’affichage d’une flèche de tendance qui donne des indications quant à la cinétique de l’évolution des glycémies.

Enfin la possibilité de noter ses doses d’insuline et de décharger le lecteur sur un ordinateur se substituant totalement au contraignant et pourtant nécessaire carnet d’autosurveillance.

 

Au fur et à mesure de l’utilisation de ce capteur se dessine un projet de plus grande envergure avec la possibilité pour le patient de transférer ses données aux soignants via des plate formes de télémédecine afin d’intervenir plus efficacement sur le traitement de nos patients.

Du fait de son coût (60 euros par capteur), le remboursement de ce dispositif est pour le moment limité aux patients insulinotraités (au minimum 3 injections d’insuline par jour) et doit être initié par un médecin diabétologue avec une éducation préalable du patient.

Toutefois, il est possible d’imaginer qu’à l’avenir, les glycémies capillaires deviennent aussi désuètes que les presque préhistoriques bandelettes urinaires que les plus anciens de nos patients ont connu au début de leur traitement…

Quant aux traitements, ceux ci ont également été fortement chamboulés par le développement de pompes « intelligentes ». Ici néanmoins moins d’enthousiasme : ce n’est pas encore le pancréas artificiel tant attendu par nos patients… mais on s’en rapproche !

 Depuis le mois de mars 2018, le capteur « Enlite » de MEDTRONIC connecté à leur pompe 640 G est désormais pris en charge au long cours par la sécurité sociale dans des indications limitées et après entente préalable.

Dans ce système en boucle dite « semi fermée », le capteur lit la glycémie du tissu interstitiel en continu et communique en permanence avec la pompe à insuline qui arrête l’administration d’insuline une demie heure avant la survenue d’une hypoglycémie.

La pompe se réenclenche lorsqu’elle estime que le risque d’hypoglycémie a disparu. Là encore, les données des la pompe peuvent être transmises par internet aux soignants qui peuvent ajuster à distance tous les réglages de la pompe s’ils le jugent nécessaire.

Extrait de déchargement de pompe MEDTRONCI 640 G avec capteur Enlite connectéLe points avec les chiffres sont les glycémies capillaires effectuées par le patient. Le trait noir continu est la glycémie interstitielle mesurée par le capteur.L’insuline est la ligne verte (basale et bolus). Les zones bleus sont les périodes d’arrêt de l’insuline par la pompe.

Des prototype de boucles « fermées » (avec pompe gérant les hyper et les hypoglycémies) sont en cours d’étude et devraient nous être proposées dans les très prochaines années.

Le temps pour les médecins de se former aux nouvelles technologies ou de changer de spécialité pour ceux qui veulent rester au papier…

Dr Clémence BURES, endocrinologue GHH

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