Pas la peine de revenir sur le sujet brulant du moment. Moment, dont la durée avait été estimée en semaines mais qui, après plusieurs mois, va finir en année pleine. L’échéance est incertaine.

Si le Covid va certainement changer le monde, tous les jours des découvertes sont faites qui peuvent lui faire de l’ombre.

Il y a 8 ans seulement, deux généticiennes ont découvert le ciseau à ADN Crispr-Cas9  qui 3 ans plus tard a été nommé « découverte capitale de l’année 2015 » par le magazine Science. Aujourd’hui, le prix Nobel de chimie 2020 a été attribué à ces deux scientifiques, Emmanuelle Charpentier et Jennifer Doudna.

Avec cette nouvelle technique, modifier l’ADN est devenue extrêmement simple et peu couteux. N’importe qui va pouvoir aller couper le génome exactement là où il le veut et ainsi aller créer ou corriger une mutation génétique. Cela permettra de soigner certains cancers, d’éradiquer par modification des embryons des maladies héréditaires, voire même ressusciter des espèces disparues. Dans notre monde bienveillant, il est évident que ces avancées sont d’excellentes nouvelles. Pour ceux qui ont un doute sur la bienveillance universelle, des inquiétudes peuvent apparaitre…

L’utilisation de ces outils devrait être encadrée, c’est pour cela qu’il faudrait s’intéresser aussi à la révision de la loi de bioéthique qui devrait être adoptée en décembre. Entre autre, il sera discuté l’autorisation des « bébés-médicaments », la recherche sur les cellules-souches embryonnaires… toutes ces choses qui risquent de modifier beaucoup plus en profondeur et durablement notre société mais dont personne ne parle… aveuglés que nous sommes par la situation actuelle.

En attendant de savoir, dans quelques années, qui du SARS-CoV2 ou du Crispr-Cas9 recevra la médaille de la « mutation sociétale », je vous souhaite un très bon moment de lecture sur des sujets que nous avons voulus, divers et variés.

Carine BROCARD

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