L’année dernière à la même époque, j’écrivais un article sur les 40 ans de l’AMUH en disant qu’un des principaux défis à venir serait celui de la continuité des soins.

Un an après je reviens vers vous avec une situation contrastée.

Tout d’abord, la situation de la démographie du Havre en médecins généralistes ne s’est pas arrangée : il y avait 180 MG il y a 10 ans, il n ‘y en a plus que 117 en exercice actuellement. Avec une moyenne d’âge de 60 ans on voit à peu près ce qui se profile.

D’après la CPAM entre 10 et 15% de la population ne bénéficie pas de médecin traitant.

Autre chiffre : fin septembre 2019 nous avons atteint pour les actes effectués en PDS (pour rappel, 20h/24 h la nuit et 8 h/24 h les WE et fériés), le total d’actes de toute l’année 2018 ! Et l’hiver est encore à venir.

Pendant cette année l’AMUH n’est pas restée inerte.

Nous avons participé au colloque organisé avec Sextant 76, nous avons rencontré à de nombreuses reprises l’ARS, la CPAM, la Métropole.

Et nous avons non seulement été écoutés, mais surtout entendus.

Un protocole d’accord a été signé en septembre avec la CPAM par son directeur Serge Boyer qui a accepté un effort financier conséquent pour favoriser la continuité des soins.

Concrètement, la CPAM accepte, le temps que la CPTS (communauté professionnelle territoriale de santé) du Havre voit le jour d’ici 2 ans, de rémunérer les MG d’astreinte de continuité des soins avec une lettre clé spécifique, portant la rémunération à 40 € pour une CS de médecine générale.

La profession a accepté aussi de faire un effort : mise à disposition de la population d’un 3° MG d’astreinte de jour. Décision votée en AG en juillet.

Concrètement, 3 MG seront disponibles tous les jours de semaine pour accueillir les patients envoyés par la régulation : soit parce qu’ils n’ont pas de médecin traitant, soit parce que leur médecin traitant est absent (congés, maladie…), soit parceque le problème est aigu et que le médecin traitant se trouve dans l’incapacité de proposer une réponse adaptée.

Par exemple, pour les enfants gardés en crèche et qui ont besoin d’un avis médical rapide et d’un traitement pour pouvoir continuer à bénéficier de leur mode de garde. Ou d’un enfant ayant des otalgies ou autres douleurs importantes.

Auparavant, la saturation rapide du système d’astreinte de jour faisait que la seule solution proposée était la MMG la nuit : avec un surcoût pour les actes et des conditions plus difficile pour les patients (la nuit, accès à la pharmacie de garde par la police, attente à la MMG).

L’objectif de cet accord est donc double : permettre un accès aux soins de jour plus facile pour la population et reconnaître financièrement le travail et la disponibilité des MG.

Nous en espérons des retombées sur la fréquentation de la MMG la nuit, mais aussi éventuellement sur les services d’urgence.

Nous sommes bien conscients que cet accord seul ne permettra pas de résoudre la crise démographique que nous vivons. Pour cela tout un ensemble de mesures seront nécessaires, sur lesquelles nous n’avons pas la main. Pêle mêle : le numérus clausus, les aides en personnel au cabinet, rendre de l’attractivité au métier et aux conditions d’exercice de la Médecine Générale, meilleure organisation du parcours de soins et j’en oublie certainement.

Mais en attendant, nous apportons localement notre pierre à l’édifice. Comme nous l’avons toujours fait.

Merci donc aux pouvoirs publics de nous avoir entendu et à tous les MG qui ont accepté un surcroit de disponibilité au service de nos concitoyens.

Merci aussi à tous les jeunes qui s’installent et qui s’impliquent dans la vie médicale locale en apportant leur enthousiasme et leur fraîcheur.

Je terminerai en rappelant ce que je disais l’an dernier : “la créativité, la solidité de l’entente du tissu médical havrais, l’implication de presque tous, nous fait envisager l’avenir avec une confiance raisonnable”.

C’est encore vrai cette année !

Georges VOLAIT, membre du CA de l’AMUH

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