Le nombre de sujets âgés candidats à une chirurgie augmente en raison du vieillissement de la population et des progrès techniques anesthésiques et chirurgicaux.

L’âge chronologique n’est plus, en soit une contre-indication à une intervention, il peut être très différent de l’âge physiologique.

Nous avons déjà tous reçu dans nos cabinets de consultation un patient de 80 ans sportif, sans comorbidité, ni aucun traitement et qui fait « 10 ans de moins ». Pour cette catégorie de patients âgés dit « robuste ou vigoureux » la prise en charge diffère peu de celle des patients plus jeunes. A l’inverse, nous connaissons bien ce patient dépendant, polypathologique aux troubles cognitifs sévères, dont l’issu après une intervention est souvent connue d’avance.

Mais entre ces deux extrémités, il existe tout un panel de patients qui ressemble aux robustes mais qui présente une faible réserve fonctionnelle qui risque de se décompenser au décours d’un stress comme la chirurgie.

C’est la FRAGILITE

C’est cette fragilité que l’anesthésiste ou le gériatre doivent explorer, évaluer, mesurer en pré-opératoire. Car cette fragilité est un marqueur de risque de mortalité et d’évènements péjoratifs.

La fragilité comporte différents facteurs réversibles, sur lesquels nous pouvons agir et qui vont, in fine, diminuer la morbi-mortalité post-opératoire.

Il s’agit aussi de maintenir l’autonomie des sujets âges et d’optimiser les aides pour favoriser le plus possible le maintien à domicile.

Dans ce contexte, la clinique des Ormeaux a mis en place un parcours spécifique pour les patients de plus de 75 ans devant subir un acte chirurgical programmé à risque intermédiaire ou élevé.

L’objectif de ce parcours est de prendre son temps avec les patients âgés. Il s’agit d’évaluer les fonctions cognitives, de dépister des troubles de l’humeur, d’apprécier le statut nutritionnel, de mesurer le risque de chute, de gérer les déficits sensoriels, de refaire le point sur les traitements grâce à la conciliation médicamenteuse, et enfin d’anticiper l’isolement social.

Cette prise en charge est multidisciplinaire et fait intervenir différents professionnels, infirmière, biologiste, kinésithérapeute, pharmacienne, assistante sociale, gériatre, neurologue et enfin anesthésiste qui centralise toutes les informations et établit une stratégie de prise en charge personnalisée.

  1. Les patients doivent prendre rendez-vous au secrétariat d’anesthésie. Une lettre du médecin prescripteur doit être envoyée sur messagerie sécurisée.
  2. Les patients sont ensuite accueillis avec leur accompagnant en hôpital de jour sur une demi-journée.
  3. A leur arrivée, l’IDE réalise un bilan biologique ainsi qu’un ECG.
  4. Des tests spécifiques sont réalisés par une IDE formée avec l’encadrement de l’anesthésiste.
  5. Dans le cadre de la chirurgie fonctionnelle, les patients pourront être évalués par un kinésithérapeute.
  6. En cas de besoin les patients rencontreront l’assistante sociale.

Enfin, le patient et son accompagnant seront reçus par l’anesthésiste qui fera la synthèse des examens et des tests réalisés et qui exposera clairement les risques et les paramètres de l’optimisation pré-opératoire. Un courrier est ensuite adressé au médecin prescripteur.

Dr Chloé LETURGIE, Anesthésiste – DIU de gériatrie (Chloe.leturgie@medecin.mssante.fr)

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