Chers lecteurs, merci pour votre fidélité à suivre les articles du Stétho dans cette période si particulière.

J’espère que vos réflexions restent aiguisées mais toujours objectives devant l’évolution de cette pandémie COVID 19. Dans cette longue lutte entamée il y a un an, je pense que le courage et la persévérance indispensables triompheront des dégâts humains et socio-économiques.

Avec cette rubrique, évadez-vous quelques moments dans LE HAVRE d’avant grâce à cette machine à remonter le temps qu’est l’histoire.

Ci-dessous deux photos. Une du Havre derrière ses remparts et le « premier hôpital » et l’autre de Monod, séparées de presque 5 siècles (1556 / 1987)

Ci-dessous diagramme de la démographie du Havre de 1517 à 2019

Ce tableau appelle quelques commentaires :

  1. De simple village de 600 habitants en 1523 (Harfleur en comptait environ 1500 et St Denis Chef de Caux 900), Le Havre de Grâce, en 1601, avait plus que décuplé avec 10 275 habitants.
  2. Ayant atteint 19 250 hab. en 1680, la population chute à 11 574 en 1699 (recensement sous Vauban)

Le Havre ayant alors connu successivement des froids exceptionnels au cours d’hivers successifs, avec bord de mer gelé, en 1684 / 1690, épidémie de scorbut / tremblement de terre en 1693 et bombardement anglais avec destruction de plus de 300 maisons en 1694 . Des étés climatiquement désastreux entrainèrent disette, famine et révoltes. La crise culminera en France alors jusqu’en 1709 faisant plus d’un million de victimes sur les 20 millions de français dans une période de guerres à répétition.

  1. Lors de la Révolution, la population oscille entre 18 000 hab. en 1786 et 20 600 en 1791, pour redescendre à 19 032 en 1806.
  2. Au cours du XIXème siècle, malgré les conséquences démographiques de la Révolution et des guerres napoléoniennes, la ville augmente successivement à 35 000 hab. en 1832, 56 934 en 1851, puis 116 369 en 1892, malgré les conditions sanitaires toujours défectueuses et 6 épisodes de choléra (voir Stétho précédents)
  3. Ayant atteint 136 159 hab. en 1911 (époque du développement industriel, surtout entre 1880 et 1920), la ville descend à 106 934 hab. à l’issue des deux guerres mondiales

Enfin, depuis le pic de 1975 avec 218 000 hab., la population présente un recul continu jusqu’à 172 366 hab. en 2015 (la ville restant cependant la plus peuplée de Normandie et la 13ème de France)

La chronologie suivante correspond à l’étude de la densité du corps médical au Havre depuis 5 siècles
  • XVIème siècle :
    • 1541 : 1 médecin, Sire Nicolas Dany, pour 600 hab.
    • 1587 : 1 chirurgien-sergent et 2 inspecteurs sanitaires maritimes
  • XVIIème siècle : pas de documentation
  • XVIIIème siècle :
    • 1751 : 2 médecins
    • 1781 : 1 chirurgien résident + « stagiaires »
    • 1789 : 4 médecins – 7 chirurgiens maitres + 2 médecins à l’hôpital
    • 1795 : 1 médecin – 1 chirurgien à l’hôpital / 3 médecins en ville pour 20 000 hab. Deux fois moins que la densité parisienne
  • XIXème siècle :
    • 1831 : 13 médecins recrutés contre le choléra
    • 1832 : 13 médecins + 1 officier de santé en médecine de ville
    • 1865 : médecins et 4 internes rémunérés à l’hôpital
    • 1892 : 37 médecins de ville
  • XXème siècle :
    • 1924 / 1929  : augmentation du nombre d’internes, respectivement 6 et 15
  • XXIème siècle :
    • 2019 – Havre intra-muros  : 114 médecins généralistes, 70 spécialistes libéraux, 591 hospitaliers : praticiens, internes, pharmaciens, biologistes au GHH (correspondant à 448.3 Equivalent Temps Plein), 118 à l’HPE, 65 aux Ormeaux – A cette liste, on peut ajouter 79 dentistes, 113 masseurs kinésithérapeutes, 193 infirmier(e)s libéraux (les), 34 orthophonistes, 7 orthoptistes, 26 podologues et toutes les infirmier(e)s et aide-soignant(e)s des différents établissements. Enfin, 52 pharmacies au Havre.

 

Ci-dessous le panorama du corps médical avec une importante croissance impressionnante des médecins et chirurgiens et les ratios R  (nombre de médecins pour 10 000 hab) :

  • R1 (1541) : 1/600 =16/10 000
  • R3 (1795) : 5/20 000 = 2,5/10 000
  • R4 (1892) : 37/112 074 = 3.3/10 000
  • R5 (2019) :
    • Population Seine métropole en  2016 : 269 321 hab. en 2019  : 269 060 hab.
    • Population Le Havre intra-muros en 2019 : 172 366 hab.
    • L’AURH recense en 2019 228 médecins généralistes y compris les Mep (médecine à exercice particulier)
    • Les ratios de la couverture médicale par les médecins généralistes de proximité correspondent  ainsi à :
      • 8.5/10 000  pour Seine métropole
      • 6.6/ 10000  pour le Havre intra-muros
      • 7.5/10 000 pour le territoire rural des communautés de communes de Criquetot-l’Esneval (16 394 hab.) et Saint Romain (18 315 hab.)
    • Pour les autres professionnels de santé
      • chirurgiens dentistes est de 4.5/10 000
      • Infirmiers libérales 13/10 000
      • masseurs kinésithérapeute : 7.3/ 10 000
      • pharmacies : 3.25 / 10 000

Ainsi, se sont mis en place, jusqu’à nos jours, le système sanitaire et hospitalier du Havre et de l’Estuaire, avec maintenant 54 communes de la Communauté Urbaine du Havre et les communautés de communes de Criquetot-l’Esneval et Saint Romain.

Nous reviendrons sur les différentes structures publiques et privées. Ce sera l’occasion de rappeler l’existence de petits établissements privés de soins entre les deux guerres.

Cette chronique s’intéressera également à l’évolution des sciences fondamentales qui ont permis la métamorphose de la médecine et  de la thérapeutique au cours de ces 500 ans, au prix de batailles scientifiques, ANCIENS et MODERNES, CONSERVATEURS et PROGRESSISTES, jusqu’à l’émergence de vérités unanimement admises, mais à quel prix parfois !

Soyez prudents

Michel LEBRETON

Références :

  • 4 siècles de vie hospitalière au Havre – Philippe MANNEVILLE
  • Groupe Hospitalier du Havre – Service Communication
  • AURH / base de données Insee 2016 / 2018

 

 

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